Les neurosciences et notamment la théorie des trois cerveaux développés par Paul D Mac Lean peuvent nous éclairer sur la question de la soumission. Selon cette théorie, qui a certes fait l’objet de quelques contestations, mais qui est encore largement reconnue, le cerveau humain tri-unique aurait évolué en application de la théorie de l’évolution chère à Charles Darwin.
La théorie du cerveau tri-unique met en évidence les fonctions distinctives de ces trois parties héritées de l’évolution animale et de l’émergence de l’homme sur la terre. Ainsi le cerveau primitif appelé aussi cerveau reptilien est daté de 400 à 600 millions d’années. Il régit les comportements d’animaux comme le poissons ou les reptiles. Il est à l’origine de l’homéostasie qui régule les constantes internes de l’organisme. Le cerveau reptilien est aussi responsable des comportements qui poussent l’organisme à satisfaire ses besoins primaires. Il est entièrement lié à l’instinct.
Le cerveau paléolimbique est vieux de 60 millions d’années et il est propre à certains mammifères dits “inférieurs”. Il est la source de comportements liés à la mémoire longue et il explique notamment le rapport de dominants et de dominés dans un groupe. Le dominant sera ainsi animé par un besoin d’expression de sa supériorité envers les individus dominés qui, de leur côté réagissent instinctivement de façon à se conformer aux comportements de la masse ou s’exclure du groupe. Il faut ajouter le cerveau néolimbique est responsable des émotions, on parle ainsi de cerveau émotif. La notion de manipulation se dégage aussi du cerveau néolimbique. La réaction à la peur pouvant être remise en cause, le dominant, comme les dominés, pourra recourir à cette pratique afin garder ou de prendre le dessus sur ses semblables. Il s’agit d’une réaction naturelle qui insuffle le besoin d’avoir raison ou de reconnaissance chez chaque individu. Avec le cerveau néolimbique, les comportements acquis peuvent être enracinés à cause de l’attachement émotif ou à la peur profonde. Il est donc difficile de les éliminer chez un individu. Avec le cerveau néolimbique, les comportements acquis peuvent être enracinés à cause de l’attachement émotif ou à la peur profonde. Il est donc difficile de les éliminer chez un individu. Cela explique notre résistance au changement ou encore la peur de l’inconnu.
Le cerveau cortical ou néocortex compose la dernière partie de la théorie des trois cerveaux. Il est présent chez l’homme, mais aussi chez des mammifères supérieurs comme les dauphins, les chimpanzés ou encore les baleines. Il est assimilé, du point de vue anatomique, à l’écorce cérébrale. Les processus d’analyse et de prise de décision trouvent leurs origines dans ce cerveau aussi appelé cerveau logique. Il intègre aussi la notion de projection vers le futur impossible avec les deux premiers cerveaux. Le néocortex est donc à la source des capacités des individus à faire face à des problèmes et à les résoudre en trouvant des solutions adaptées. La résolution de ces problèmes implique des comportements comme la rationalité, la curiosité et la recherche. Les réactions instinctives de fuite ou de défense agressive face à la peur ou à un danger du cerveau limbique seront remplacées par un besoin de s’affirmer dans le calme et la maîtrise.
Une meilleure communication en découle et l’harmonisation sociale sera plus efficace qu’avec le cerveau limbique. Les liens sociaux seront plus étroits grâce aux capacités des individus à se mettre à la place des autres (empathie) et de ressentir leurs émotions (compassion). Ces comportements engendrent le respect, la considération et entraînent des réactions éloignées de l’agressivité et de l’exclusion du limbique.
Le cerveau cortical permet donc un détachement vis-à-vis des prédispositions biologiques et instinctives. Cela apporte une meilleure maîtrise de soi et une adaptation plus singulière de nos réactions aux stimuli et aux événements qui nous entourent. Le détachement des prédispositions biologiques aide également à tirer des leçons plus constructives des expériences passées.
Par ailleurs, la résistance aux changements constatée avec le cerveau limbique est atténuée grâce à la plasticité du néocortex. Il sera donc nettement plus facile de se conformer à de nouvelles conditions de vie suivant l’évolution du groupe ou de la société et prenant des décisions assumées et prises sur la base du libre arbitre. De ce fait, on pourra dire que le néocortex est à la base de la réflexion et de la conscience qui définissent une stabilité accrue de chaque individu évoluant dans un groupe.